De l’Espagne, le public français possède souvent une image floue, faite de quelques clichés bien ancrés : il y a des clichés puisés dans la réalité d’un pays pauvre et arriéré, sortant de la dictature pour entrer brutalement dans la modernité en même temps que dans le Marché Commun, en 1986, et des représentations beaucoup plus anciennes : la Carmen de Bizet, les Gitans et le flamenco... Mais, au regard des exploits répétés des sportifs espagnols, du Musée Guggenheim de Bilbao et de la transfiguration de la ville de Barcelone, il semble bien que ces stéréotypes ne soient plus de mise.
Cet atlas veut corriger ces images en en montrant d’autres, que le public français connaît moins. Les mille images et visages d’un pays cosmopolite, qui possède la plus forte communauté immigrée au monde (en part relative) après les États-Unis. Les mille et uns visages des exploits économiques d’un pays qui produit des Airbus et des usines entièrement solaires, qui vend des brevets de génétique et exporte des nanotechnologies, et qui affiche une vitalité culturelle et festive, une créativité architecturale et urbaine, une tolérance religieuse et linguistique qu’on ignore souvent. Nos voisins anglais et allemands observent de près le « miracle » espagnol, ou du moins les conditions d’une véritable mue de ce pays depuis le début des années 2000. Ils y trouvent des sources d’inspiration politique pour définir une nouvelle gouvernance des territoires et des régions, des recettes (et beaucoup d’erreurs à ne pas suivre) pour conduire le développement des métropoles et aménager, en les économisant, les ressources naturelles.
L’intérêt du plan retenu est de souligner les articulations thématiques : ainsi les liens entre la politique hydrologique et les transformations du climat, ou encore les liens entre le système de gouvernance des communautés autonomes et la dynamique de construction immobilière… L’objectif est bien de montrer l’imbrication des enjeux et des questions, avec, comme toile de fond, une interrogation sur la permanence ou sur les transformations profondes (et peut-être plus silencieuses) de l’identité et de la structure économique et territoriale de ce pays.