La santé ne se réduit ni à l’« absence de maladie » ni à une affaire biomédicale. Elle reflète les conditions et modes de vie de la population : hygiène, niveau d’éducation, politiques de santé publique, conditions de travail, de logement, cadre de vie, accès aux soins…
Les auteurs mettent en évidence les facteurs fondamentaux responsables de la fracture sanitaire mondiale comme l’accès à l’eau potable ou encore la disponibilité alimentaire. En effet, à l’heure de la mondialisation, tous les pays ne sont pas touchés avec la même intensité par des phénomènes pourtant communs, tels que l’explosion démographique et le vieillissement de la population, l’accroissement global des maladies chroniques et dégénératives et la diminution globale des maladies transmissibles. Espérances de vie à la naissance, mortalité maternelle et infantile, sous-alimentation ou obésité sont autant de facteurs d’inégalités mondiales, parfois également criantes à une échelle plus fine.
À l’appui de plusieurs exemples précis, les auteurs décrivent des phénomènes d’interdépendance spatiale, de continuités ou au contraire de discontinuités dans les états de santé des populations qui ne recoupent pas forcément les limites politiques ou historico-culturelles traditionnelles. À une échelle plus locale, quelques exemples analysés permettent de montrer l’inscription spatiale du changement sanitaire. Ainsi, les changements de modes de vie ou d’alimentation sont en partie significatifs d’une dégradation sociale qui touche certains lieux plutôt que d’autres. De ce point de vue, recompositions territoriales et évolutions sanitaires varient ensemble.
Ce sont donc les profondes inégalités socio-spatiales en matière de santé, ainsi que les corrélations entre différentes variables combinées à plusieurs échelles qui sont cartographiées et analysées dans cet atlas.