Alors que l’Union européenne compte dorénavant 25 États et à l’heure où chacun cherche un fonds culturel commun à tous les États de l’Union européenne, il semble important de parler des minorités, car celles-ci font partie intégrante de la construction d’une « culture européenne ».
En effet, toutes les identités, celles des minorités, du fait de leur taille plus encore que d’autres, sont en perpétuel devenir ; et le métissage, au sens d’enrichissement mutuel sans fusion entre les parties en cause, est aussi constant que général. Loin de s’opposer, métissage et maintien des cultures différentes et en particulier des langues sont complémentaires. La prise en compte de l’identité collective des groupes minoritaires, voire un certain enracinement, loin de n’être qu’un réflexe « tribal », apparaît souvent de nos jours comme un antidote aux dérives du fanatisme « identitaire » et de l’ensauvagement urbain. Et les désordres auxquels on assiste aujourd’hui, de la Tchétchénie aux banlieues des métropoles européennes, sont moins dus en effet au déchaînement d’un excès d’identité qu’au contrecoup différé d’une insuffisante reconnaissance identitaire.
L’ambition de cet atlas est de montrer que les minorités, au-delà d’être un « problème », sont avant tout constitutive de l’Europe. Ainsi, les deux premières parties de l’Atlas relient les différentes minorités aux grands événements de l’histoire de l’Europe au XXe siècle (des deux conflits mondiaux à la guerre des Balkans) et la troisième partie brosse un portrait contemporain des minorités dans les Etats et grandes régions de l’Europe, de l’Atlantique à l’Oural.
Auteurs : Autres Auteurs : cartographie de Cécile Marin